Quand la pluie vient … la pluie de l’arrière saison

 
par Constance Cimon

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Avant de quitter cette terre, Jésus avait promis à ses amis qu’il prierait le Père de leur envoyer un autre consolateur, le Saint-Esprit. Ainsi ses disciples ne seraient pas laissés orphelins et ne seraient pas appelés à se développer par leurs propres forces ni par leur sagesse humaine, mais par l’assistance d’En-Haut.

Depuis la Pentecôte, qui a donné naissance à l’église chrétienne il y a 2ooo ans, l’histoire reconnaît avoir vu poindre, ici et là, différents mouvements de réveil qui sont venus ranimer et restaurer la flamme d’origine qu’avaient connue les premiers chrétiens. Certains de ces réveils ont été de courte durée, d’autres furent plus longs au point de marquer l’Histoire de l’Église.

Compter sur l’intervention du Saint-Esprit était « grosso modo » la vision qui m’animait en 1990 comme pasteure appelée à établir une église à Lévis. Cela ne voulait pas dire pour autant qu’il n’y avait rien à faire. Par exemple il fallait être à l’écoute de Dieu, passer du temps dans sa présence, rechercher sa face, s’attendre à sa manifestation glorieuse, en désirer toujours davantage, croire dans le surnaturel, dans les miracles et transmettre ces comportements aux autres.

 

Les mots : onction, songe, vision, révélation etc. faisaient également partie de notre quotidien. C’est tout cela qui résumait notre nom de « Centre du Plein Évangile ».

Depuis les débuts, chaque semaine, j’eus à préparer des messages où il n’était pas rare d’entendre parler sur le Saint-Esprit, son ministère et ses dons. Une grande attente sur Dieu en résultait. Ainsi, durant deux ans attendions-nous l’intervention divine avec une grande soif et un brûlant sentiment d’urgence. Il fallait qu’Il intervienne parmi nous d’une façon particulière.

À la fin de l’été 94, comme je n’avais encore pris de vacances, je résolus de m’arrêter pour une ou deux semaines avant d’entreprendre l’automne. Mais Dieu m’a joué un beau tour car après deux ou trois jours de repos, je suis allée à Drummondville chez de bons amis où se tenait une soirée d’information sur le « renouveau », sorte de réveil spirituel, qui se produisait, depuis quelques mois, à l’église Toronto Airport. Sur le chemin du retour, j’ai exprimé quelques opinions plutôt négatives sur la soirée. Mais, durant la nuit, Dieu m’a parlé qu’Il était là, et Il m’incita à ne pas dénigrer cette soirée. Il me dit également de me préparer à cesser mes vacances. Je savais que quelque chose s’en venait pour nous.

  Le lendemain soir, une autre réunion semblable avait lieu à Québec. Jean, un évangéliste qui avait suivi de près le ministère de Rodney Howard Brown aux États-Unis, témoignait du « renouveau » qui se répandait chez les américains. Ce soi-là, je demandai à ce prédicateur de venir à Lévis le dimanche suivant, soit le surlendemain. Il acquiesça à mon invitation et ce fut un grand dimanche où, matin et soir, Dieu nous visita puissamment. L’amour de Dieu et sa présence intense nous comblaient particulièrement.

Il se passait quelque chose d’indéfinissable et de nouveau au milieu de nous, si bien que je pris la liberté d’annoncer à l’assemblée que nous allions poursuivre ces réunions tous les soirs de la semaine jusqu’à vendredi. Histoire de bien accueillir et de s’imprégner de cette visite de Dieu à nulle autre pareille. C’est avec une grande joie que l’assistance reçut cette décision. Le lendemain et les jours suivants, les musiciens étaient à leurs instruments et l’assemblée présente. Chaque soir, l’assistance grandissait, les réunions se prolongeaient tard dans la soirée malgré les heures de travail accomplies dans la journée. Une intense joie nous tenait soir après soir. Les musiciens prenaient du « pic » et il nous sembla qu’ils avaient monté d’un ou deux grades tout à coup.

 

Quoi faire donc maintenant? Il fallait tout faire pour que ça continue! Aussi, la semaine d’après, une femme de dieu , venue de la Floride, vint nous aider, Elle demeura avec nous jusqu’au vendredi de la deuxième semaine. Tout se poursuivit avec le même élan. Le Saint-Esprit avait pris la relève. Nous avons compris qu’il fallait éviter de lui nuire coûte que coûte, par tous les moyens. À ce moment nous étions dans une grande liberté d’expression, de mouvement et d’être. Les vieilles habitudes laissant la place à un renouvellement à tous les niveaux. Tout devenait nouveau, dynamique et propice à la créativité sous toutes ses formes. La louange avait pris un essor remarquable comme si une sorte de timidité et de religiosité étaient complètement tombées.

À partir de la troisième semaine, nous avons pris le rythme de maintenir nous-mêmes nos réunions à raison de six par semaine, dont deux le dimanche et quatre en semaine faisant relâche le lundi et le samedi. Ceci fut, pour plusieurs mois, le nouvel horaire de l’assemblée. Toute cette vie se démarquait par une croissante contribution venant de l’assemblée elle-même, non seulement dans la louange mais aussi dans la prière, l’imposition des mains, la prédication et divers autres services plus techniques. Tous mettaient à profit ce qu’ils avaient reçu.

  Au début d’octobre, une invitée, Jane âgée de 73 ans, vint des États-Unis nous visiter pour deux ou trois jours.

Elle arriva avec un tambourin et une onction spéciale de louange. Le dimanche soir, après avoir parlé sur « un chant nouveau », elle oignit nos musiciens qui saisirent leurs instruments d’où sortit « le chant de l’Éternel », étonnante musique directement descendue du ciel. Pour en comprendre davantage sur cette musique céleste, lisez l’excellent témoignage joint à ce dossier du « renouveau » et vécu par Gary.

Ainsi les réunions se poursuivirent…pendant non pas quatre semaines, non pas quatre mois, mais cinq ans. 

 

Il est convenu d’appeler « renouveau » ce que nous avons vécu et qui fut marqué d’une grande libération, d’enivrement, de joie, d’amour, de cris, de pleurs, de danses et de tremblements tant la présence du Seigneur s’imposait sur nous. Mais, le plus grand des accomplissements de cette action de Dieu, fut une grande purification de nos vies et une plénitude d’amour fraternel incomparable qui nous inonda tous sans exception. Ayant tous trempé dans ce bain divin, dans ces eaux profondes de purification, cet amour tenait dans la nature même de Dieu. Un amour surnaturel qui ne perdure que chez ceux qui baignent en Lui.
  Après environ cinq ans, le « renouveau » se retira lentement nous laissant à nous-mêmes, nostalgiques d’une longue et glorieuse visite. Visite qui se pointe encore de temps à autres, pour nous rappeler ce grand privilège que le Seigneur nous fit durant toutes ces années. Pour nous, le « renouveau » fait partie de l’Histoire de Dieu en cette fin de XXe siècle.
 
Aujourd’hui, dix ans plus tard, il pourrait être sur le point de se manifester « autrement » peut-être. Prêtons l’oreille, Il pourrait nous surprendre. En l’attendant, persévérons et veillons.